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Soldat SNAFU

20/12/2017

Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le dessin animé « Private Snafu », le soldat Snafu était plongé dans des situations cocasses, au combat ou en bivouac. SNAFU, c’est l’acronyme de Situation Normal : All Fucked Up – Situation normale : c’est le bordel. Ces courts-métrages avaient pour but de montrer aux hommes, de manière légère, des choses qui pouvaient facilement mal se passer.

Hé bien, lorsque les syndicats ont été informés aujourd’hui sur « L’évolution à court terme des unités » (lire aussi le Flash Défense 11 de ce 20 décembre 2017), l’expression « Snafu » est remontée spontanément. En effet, la situation demeure la même, comme elle l’a été ces dernières années. En d’autres termes : c’est et cela reste un bordel complet.

Parce que le ministre Vandeput n’a pas été en mesure de faire ce qu’il a promis, c’est-à-dire obtenir l’approbation et la diffusion d’un plan d’implémentation de la Vision stratégique (lisez encore une fois le Flash Défense du 2 mars 2015 dans lequel le MOD déclare : « … finaliser un plan directeur avec les mesures d’implémentation concrètes en septembre 2015 »), on ressort les tactiques éprouvées du « saucissonnage » et du « processus décisionnel insidieux ».

On tente de mettre en œuvre le plan Vandeput par petits bouts. En conséquence, la cohérence globale de la réforme est compromise. A côté de cela, un grand nombre de militaires risque également de rester sur le carreau à partir de l’année 2020. En effet, par cette approche fragmentée où les parties les plus faciles sont exécutées maintenant, le personnel aura des choix de carrière beaucoup plus restreints par la suite. Les mesures reprises dans le Flash Défense 11 concernent uniquement 1.300 membres du personnel. Que se passera-t-il pour les autres milliers qui, d’une manière ou d’une autre, seront touchés par le plan Vandeput ? Certains d’entre eux devront se contenter des miettes. Ils seront les pigeons. Cela ne nous semble pas être un traitement équitable et identique pour tous les militaires.

En outre, un processus décisionnel caché se déroule via le processus d’outsourcing. En douce, les carrières sont étouffées, les chances de promotion détruites et les délocalisations imposées. Et tout cela sous le signe de l’efficacité et des économies. Une question qui mérite plus de détails.

Ces mesures sont encore vendues dans le Flash Défense sous l’euphémisme des « mesures de contrôle interne ». Il existe une belle expression anglaise pour comprendre cette approche : window dressing. Plus précisément, présenter les affaires mieux qu’elles ne le sont. Ou bien : mener une politique de perception. Ou encore : mener les gens en bateau.

Le ministre et le Chef de la Défense appellent, dans le Flash Défense, à « travailler ensemble pour l’avenir ». Tout le monde voudrait bien et nous aussi, mais comprendraient-ils que la collaboration exige en premier lieu de la confiance ? Comprendraient-ils que cette confiance entre le terrain et la direction politique et militaire s’est sérieusement érodée après des années d’abandon ? Comprendraient-ils que bon nombre de militaires soient profondément déçus par leur employeur, comme l’ont montré les résultats de l’enquête sur l’identité ? Comprendraient-ils qu’il ne suffit pas de promouvoir la « collaboration » s’il n’y a pas, à la base, de confiance ? Cette confiance ne naît pas dans les belles déclarations, mais dans des actes.

Le ministre Vandeput promettait à tout le personnel, dans sa Vision stratégique, une clarté rapide et complète sur son avenir ». Un an et demi plus tard, après l’approbation politique de ce plan, cette promesse pour tous les membres du personnel est restée lettre morte.

SNAFU, donc… Situation normale, c’est le bordel complet.

Si cela n’était pas aussi triste, nous aurions pu en rire. Dommage, car les histoires de Snafu devaient aussi faire rire…


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