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Droit de grève pour les militaires! (?)

10/09/2018

Aujourd’hui, 10 septembre, cinq (ex) militaires ont comparu devant le Tribunal correctionnel d’Anvers. Ils sont poursuivis pour entrave méchante au trafic dans le tunnel Kennedy le 17 mai 2017. En outre, ils sont également accusés d’association de malfaiteurs.

Pour ceux qui entre-temps l’ont oublié : ce jour-là, un camion militaire rencontrait des problèmes techniques dans le tunnel Kennedy, en direction de Gand. À peu près au même moment, le chauffeur d’un autre véhicule militaire faisait un malaise de l’autre côté du tunnel. Les deux incidents ont eu lieu en pleine heure de pointe et ont provoqué encore plus d’embarras de circulation qu’à l’accoutumée sur le ring autour d’Anvers. Les médias ont abondamment parlé de l’incident, le 17 mai et les jours suivants. Voici des titres utilisés : « Des véhicules militaires simultanément en panne dans le tunnel Kennedy : hasard ou faut-il chercher plus loin ? », « Des véhicules militaires défectueux provoquent des files monstres » et « Des soldats mutinés paralysent le trafic. »

Sur les faits, le tribunal décidera en toute indépendance et après avoir évalué tous les éléments, si ces événements constituent un délit et jugera des poursuites. L’ACMP-CGPM ne prend donc pas position à ce sujet pour le moment.

Cependant, ce que nous pouvons déclarer aujourd’hui de manière catégorique et convaincue, c’est que le syndicat militaire ACMP-CGPM ne laisse pas tomber les militaires, et plus particulièrement ses membres ! Jamais ! En aucun cas. À l’instar de tous ceux qui œuvrent pour le bien des militaires et de la Défense, les cinq concernés peuvent compter sur tout notre soutien ! Nous tenons toujours nos engagements !

De plus, nous souhaitons vous informer que nous saisirons ce procès pour obtenir certaines REFORMES FONDAMENTALES. Il s’agit ici de changements favorables à l’ensemble de la communauté militaire. Car, indépendamment des événements du 17 mai 2017, il convient de constater qu’une organisation syndicale militaire ne dispose d’aucun instrument adéquat pour mener une action collective. L’incident du tunnel Kennedy ne fait que le confirmer.

C’est pourquoi l’ACMP-CGPM ambitionne avant tout de faire LEVER L’INTERDICTION ABSOLUE DE GRÈVE pour les militaires. Selon nous, l’interdiction totale du droit de grève est contraire à la Constitution belge ainsi qu’à la Convention européenne des Droits de l’Homme. Ce n’est pas du tout raisonnable et cela porte atteinte de manière disproportionnée au droit syndical. Le droit à la négociation collective par un syndicat suppose qu’une certaine pression puisse être exercée sur l’autorité (ou l’employeur) au moyen de grèves ou d’actions. Une interdiction totale de la grève nie ce droit aux militaires, le seul groupe professionnel à y être soumis dans notre pays.
Voilà pourquoi l’ACMP-CGPM revendique, via ce procès, le droit de grève pour les militaires, tout en tenant compte des contraintes opérationnelles et des exigences de disponibilité des unités et de leur personnel.

Un tel moyen d’action collective nous procure un puissant levier pour améliorer, plus rapidement et de manière plus profonde, le statut des militaires. Déjà trop souvent, nous devons constater que les promesses de l’autorité en la matière restent lettre morte. À l’aide d’un droit de grève adapté, nous pouvons assurer et renforcer notre position dans les négociations. Il convient de prendre en compte une telle mesure, compte tenu des initiatives planifiées par l’ACMP-CGPM, notamment la revalorisation du traitement des militaires, l’amélioration du système des indemnités et des allocations, le renforcement de la stabilité en fin de carrière et l’instauration d’un meilleur équilibre entre travail et vie privée. Et ceci n’est pas une liste exhaustive.

En outre, l’ACMP-CGPM saisit également l’occasion de ce procès pour obtenir plus d’égalité dans les relations entre les syndicats militaires et l’autorité. En effet, en tant que syndicat militaire, nous souhaitons avoir notre mot à dire sur les plans de la MISE EN CONDITION et de la MISE EN ŒUVRE. Dans notre pays, tant dans le secteur public que dans le privé, les organisations syndicales militaires sont les seules qui ne siègent pas à la table des négociations lorsqu’il en va de thèmes comme les restructurations, les fermetures (dans notre cas) de casernes, de graves manques en personnel ou de l’état/la quantité de l’équipement. Pour d’autres questions typiquement militaires, nous sommes aussi écartés. La situation des infrastructures de logements lors d’un engagement opérationnel (OVG, par exemple) ou des moyens d’entraînement sont ici quelques-uns des exemples les plus frappants. Avec pour conséquence, dans ces domaines, que l’autorité détermine les règles et l’application de celles-ci de manière quasi dictatoriale. Régulièrement et de manière manifeste, elles vont aussi à l’encontre des droits et des intérêts des militaires ou même de l’intérêt général de la Défense.

L’ACMP-CGPM veut changer cela. Dans l’intérêt de la communauté militaire. Dans votre intérêt. La lutte a commencé avec ce procès.

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