La nécessité d’une nouvelle Gendarmerie ?
19/10/2026
L’ACMP-CGPM soulignait déjà en 2024 l : « Il est positif que cette proposition soit désormais examinée sérieusement »
Le syndicat militaire plaide depuis longtemps pour une force de sécurité moderne et paramilitaire, capable de soutenir la Police, de soulager la Défense et de mieux répondre aux nouvelles menaces sécuritaires.
Le syndicatmilitaireACMP-CGPM se félicite des récentes déclarations du ministre de la Défense, Theo Francken, concernant la création d’un nouveau corps destiné à soutenir et à renforcer la police dans la lutte contre les violences extrêmes et les menaces graves pour la sécurité.
Cette initiative remet à l’ordre du jour politique une idée que l’ACMP-CGPM avait déjà avancée en mars-avril 2024 dans son magazine bimestriel La Sentinelle, sous le titre évocateur : « Mais où est la Gendarmerie quand on en a besoin ? ». (Voir lien.)
Le syndicat soulignait déjà à l’époque l’écart croissant entre les défis sécuritaires auxquels notre pays est confronté et les moyens ainsi que les compétences dont disposent les services existants. La question de la création d’une force de sécurité complémentaire, dotée d’une mission clairement définie et intégrée de manière structurelle dans l’appareil de sécurité, est aujourd’hui plus pertinente que jamais.
Une proposition qui va au-delà du soutien temporaire de la Défense
« Nous constatons que la problématique soulevée par l’ACMP-CGPM depuis longtemps gagne progressivement en importance sur l’agenda politique. Le fait que le ministre Francken étudie désormais les possibilités de créer un nouveau corps de soutien à la police correspond étroitement à la réflexion développée par le syndicat militaire en 2024. »
L’ACMP-CGPM ne souhaite toutefois pas anticiper la forme exacte que prendra la proposition ministérielle. Elle constate néanmoins que les récentes déclarations rejoignent son plaidoyer antérieur en faveur d’une force de sécurité spécialisée venant compléter les capacités de la police et de la Défense.
Le déploiement actuel de militaires pour la protection de certains sites et pour des patrouilles conjointes démontre que la coopération entre les deux services est possible et utile. Cependant, ce type de mission ne peut constituer une solution structurelle à l’ensemble des problèmes de sécurité auxquels le pays est confronté.
Les militaires sont formés pour accomplir des missions militaires. Les policiers sont formés pour exercer des missions policières. Lorsqu’il faut combiner ces deux capacités, il est nécessaire de disposer d’une organisation dotée d’une structure adéquate, d’une formation spécifique, de compétences clairement définies, d’un équipement approprié et d’un cadre légal solide.
Le retour de la Gendarmerie, adaptée aux défis actuels
Dans sa publication de 2024, le syndicatmilitairemilitaire ACMP-CGPM plaidait pour la création d’une organisation moderne et paramilitaire travaillant en étroite coopération avec la Défense, la Police, les services de renseignement et la Justice.
L’ancienne Gendarmerie peut servir de source d’inspiration, mais une éventuelle nouvelle organisation ne devrait pas être une simple copie du passé. Le contexte sécuritaire a profondément évolué. La criminalité organisée liée à la drogue, les actes de violence grave, le terrorisme, le sabotage et les menaces hybrides exigent une approche intégrée dans laquelle les différents services publics se renforcent mutuellement.
Une nouvelle force de sécurité devrait donc recevoir un ensemble de missions clairement défini, avec une attention particulière à la protection des infrastructures stratégiques, au soutien lors d’incidents sécuritaires majeurs et à la lutte contre des menaces nécessitant des capacités spécialisées.
Les responsabilités respectives de la Police, de la Défense et de la Justice devraient être fixées sans ambiguïté. C’est seulement à cette condition qu’il sera possible d’éviter les chevauchements de compétences, les conflits d’autorité ou la répétition des erreurs du passé.
La sécurité exige une vision, des moyens et du personnel
En 2024 déjà, l’ACMP-CGPM soulignait également la nécessité d’examiner de manière critique l’organisation des services de sécurité ainsi que la répartition des ressources disponibles.
La création d’un nouveau corps ne peut toutefois pas être réduite à une simple opération budgétaire consistant à transférer du personnel et des dépenses d’un département à un autre. Une réforme crédible nécessite une planification réaliste des effectifs, des infrastructures adaptées, une formation spécialisée, un équipement moderne ainsi qu’un financement structurel suffisant.
Les conséquences pour la capacité opérationnelle de la Défense doivent également être analysées avec soin. Les militaires doivent pouvoir se concentrer sur leurs missions fondamentales, notamment la mise en condition militaire, la formation, la dissuasion contre les agressions étrangères et la défense du territoire national et allié.
Parallèlement, il convient d’examiner comment une force de sécurité complémentaire pourrait répondre aux besoins de sécurité plus larges de la Belgique, sans affaiblir les services de police existants ni créer de nouvelles pénuries au sein de la Défense.
L’ACMP-CGPM prête à mettre son expertise à disposition
Le syndicatmilitaireACMP-CGPM soutient l’ouverture de ce débat et demande qu’il ne se limite pas à de simples discussions exploratoires. Si le gouvernement souhaite réellement mettre en place une nouvelle force de sécurité, cela doit se traduire par un plan concret comprenant des objectifs clairs, une répartition précise des compétences ainsi qu’un modèle durable de gestion du personnel et de financement.
Le syndicat est prêt à contribuer aux discussions futures grâce à son expertise en matière de Défense et d’emploi du personnel militaire.
« Nous sommes satisfaits de voir qu’une idée que nous avions portée à l’attention du public dès 2024 est aujourd’hui de nouveau examinée sérieusement. Nous ne pouvons pas dire si le ministre Francken s’est directement inspiré de notre publication. Ce qui compte pour nous, c’est que le problème de fond soit reconnu et qu’un travail soit désormais entrepris en vue d’une solution structurelle.
La sécurité de nos citoyens mérite mieux que des solutions temporaires d’urgence. La Belgique a besoin d’une politique de sécurité cohérente dans laquelle la Police, la Défense, les services de renseignement et la Justice remplissent chacun leur propre mission tout en collaborant efficacement et de manière ciblée lorsque cela est nécessaire. Le syndicat militaire ACMP-CGPM est prêt à participer à la réflexion sur la mise en œuvre de cette réforme indispensable. »
